Le déménagement du fermier
Nous retrouvons là la solidarité déjà manifestée lors du battage, du défrichage ou de la démolition d’un talus.
Pour un fermier, le transfert d’un village à un autre demandait surtout des hommes et des charrettes. La manutention était importante et parfois délicate. Les voisins étaient, bien sûr, de sortie, mais les futurs voisins offraient également leur service ; une manière de venir à la rencontre de celui qui allait bientôt rejoindre leur communauté.
Les femmes s’occupaient du linge et du repas. Le soir, elles rejoignaient le groupe amenant dans un panier, une livre de beurre en guise de cadeau. Trois spécialistes se distinguaient à cette occasion : le menuisier qui assurait démontage et remontage des meubles ; le charron qui avait construit le pressoir et qui, quelques dimanches auparavant, était passé prendre les mesures des portes par où devait passer la vis liée au tronc de chêne servant de support (il était appelé bélier) ; le paysan horloger enfin qui, dès le matin, arrêtait délicatement les aiguilles de la grande horloge. Il en assurerait le transport et, bien entendu, la remise en route le soir même.
