Les enfants de Kergonan (sur le chemin de l’école)
De l’école au village ou du village à l’école, il nous fallait traverser un espace étranger à nos propres champs, prés et landes. Cet espace échappait à la fois à l’autorité et au contrôle de l’instituteur et de nos parents. Il était notre espace de liberté !
Le matin, levés tôt, pas toujours bien réveillés, avec des leçons plus ou moins bien apprises, il ne se passait pas grand-chose. Au retour, une fois « lâchés » par le maître, tout devenait possible : grimper aux arbres, sauter les barrières, lâcher l’eau des lavoirs, organiser une partie de saute-mouton ou de tenets… Parmi nous, un leader lançait généralement l’aventure sans pour autant la contrôler. Les plus petits ou les plus timides avaient le choix : suivre ou rester avec les filles qui rentraient plus sagement à la maison.
